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Indiana Jones et le royaume du crâne de crystal: C'est qui le fossile ?

Indiana Jones et le royaume du crâne de crystal: C'est qui le fossile ?
George Lucas a depuis longtemps assuré sa retraite, il devrait donc arrêter de sacrifier ses grandes sagas, points d'orgue du divertissement cinématographique, sur l'autel du pognon. Diable ! On ne touche pas à l'une des trilogie les plus sacrée du cinéma, surtout lorsque celle-ci commence et se termine avec les années 80 et qu'elle en porte à chaque séquence l'essence, que dans la manière dont les films ont été pensés, dans la manière de procéder ils en sont l'un des plus beaux témoignages.

Mais dans le film, comme dans la réalité le temps a passé et souvent il n'est porteur que de dégât. Finis les années 30 donc, maintenant Indy promène son chapeau au cours des années 50. Qui dit autre époque, dit également autre ambiance, et si la photographie claire, lisse et pastel colle bien à l'époque il est regrettable de d'admettre qu'elle ne colle pas du tout à l'univers de l'aventurier. Cela manque de grain, de noirceur et donne l'impression d'être face à un blockbuster quelconque des années 2000. Les effets spéciaux, autre symptôme du temps qui passe et l'utilisation abusive de CGI sont malheureusement l'occasion de se rendre compte qu'en plus d'être affreusement laid (ah ses foutus marmottes, les singes, l'extra terrestre et j'en passe...) ne rendent pas les aventures plus palpitantes, d'autant plus que le film manque cruellement de grande scène d'action qui marquera le spectateur à vie.

L'univers n'est plus le même, il est devenu fade, en toc et le côté épique de l'aventure s'est perdu au cours des deux décennies séparants cet opus du précédent. La réalisation est plate, manque de souffle. On ne retrouve plus la malice et l'inventivité du Spielberg des années 80. Même les très belles partitions de John Williams ne parviennent pas à relever le tout. On reprend les thèmes connus (par ailleurs aucun nouveau thème marquant) et on l'applique sur l'image. Parfois cela ne colle pas du tout et on se retrouve avec de grandes envolées alors qu'à l'écran rien ne se passe. John Turtletaub aurait-il réalisé cette suite ? Rien n'est moins sur.

Venons en enfin, et peut-être au point le plus dramatique de cet opus: le scénario. Qu'est-il arrivé a Lucas pour qu'il refuse de la sorte le script de Frank Darabont ? Car à la vue de ce que nous a pondu David Koepp il y a de quoi rester pantois. Le titre du film était annonciateur d'une régression mais on ne s'attendait pas à ça. Le scénario est bancal et même le film terminé, on n'est toujours pas rentré dans l'action. On se demande même si le film a démarré à un moment. Le rythme est lent, parfois on s'ennui, il y a certes quelques scènes comiques par-ci, par-là mais parfois elles chutent dans l'incohérence (Indy dans les sables mouvant qui n'use pas se son fouet pour amener la scène du serpent), et cela manque clairement de voyages. Un simple aller-retour en Amérique centrale/du sud c'est assez peu pour notre aventurier. Les personnages sont vraiment fades, inconsistants et pas développés (la palme du ridicule va à Cate Blanchett). Qui peut me dire à quoi on servit les personnages interprétés par Shia Labeouf, John Hurt, Ray Winston ou Karen Allen ? C'est simple: à rien. Ils sont là mais n'ont guère vraiment de présence et n'apporte pas de réels enjeux. A part quelques scénettes entre Indy et eux, les relations sont tout bonnement délaissé au profit de... bah rien, le film est vide de tout. Tout comme les aztèques, que l'on ne voit qu'une minute à l'écran alors qu'il s'agit de la civilisation centrale de cet opus. Plus bancal que le scénario d'Indy 4 tu meurs. D'ailleurs Indy, il aurait mieux fait de prendre sa retraite. Il est trop vieux pour ces conneries. Avant c'était vraiment l'archétype de l'aventurier cool, mais maintenant c'est un vieux con auquel son costume ne va même plus. Quand il haïssait les nazis, passe encore malgré le côté caricatural mais quand il se met à aimer Eisenhower on se dit que le perso a mal vieilli.

Entrons maintenant dans le gros du scénario : l'histoire. Et là accrochez vous car c'est n'importe quoi. On sait que Spielberg aime les extra-terrestres mais cette fois il aurait mieux fait de s'abstenir surtout lorsqu'ils sont totalement dénués d'enjeux. Entre ça, Indy qui se cache dans un frigo pour éviter une explosion atomique, Mutt qui joue les Tarzan en se balançant de liane en liane et le mariage d'Indy (symbole de la liberté, de l'homme sans attache) qui paraît totalement injustifiée puisque les concernés ne se supportent pas, on se demande ce qu'avait fumé Koepp, Spielberg et Lucas pour donner leur aval à un truc pareil. C'est plus manichéen que jamais. Avec les nazis passe encore mais lorsque les communistes sont assimilables à ces derniers et ce, sans aucune nuance on peut quand même s'inquiéter. On sait que Spielberg est un réalisateur manichéen par excellence mais à ce niveau là... on tombe dans le divertissement bête et sans qualité.

Une déception donc, la fin d'un mythe, un opus qui viendra ternir la saga comme l'ont fait les dernier revival de grandes sagas des années 80 (Die hard 4 en tête). Lucas peut mettre en chantier les suites qu'il veut désormais, car dans le coeur du fan que je suis, la saga s'arrête au troisième opus.
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# Posté le jeudi 05 juin 2008 21:24

Modifié le lundi 16 mars 2009 16:20

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