Metal gear Solid, trois mots qui résonneront à jamais dans mon esprit de gamer, et plus simplement dans mon âme d'être humain comme l'un des plus doux échos du jeu vidéo. Je vous préviens d'emblée que cette saga, que j'ai eu le plaisir de parcourir de nombreuses fois et pendant des dizaines et dizaines d'heures au cours des neuf dernières années, est ce que le jeu vidéo à fait de plus réussi à mes yeux. C'est avec elle que j'ai vécue mes plus beaux moments vidéoludique et c'est avec elle que se tourne une page du jeu vidéo, à savoir, celle des jeux faits avec minutie et détermination afin d'atteindre le stade de plus proche de la perfection. C'est en effet avec Metal gear Solid 2 (sorti en 2002 et toujours mon jeu préféré) que j'ai découvert que le jeu vidéo pouvait être autre chose que du divertissement et pouvait être un moyen d'expression mais aussi de l'art. C'est d'ailleurs à cause de MGS4, que le 12 juin dernier, j'ai fait l'acquisition d'une Playstation 3. Maintenant que je vous ai prévenu sur ma condition de fan, je tient tout de même à rassurer et vous informe que l'avis qui va suivre, s'efforcera d'être le plus objectif possible.
Les différents trailers du jeu nous avaient laissé entrevoir un monde en proix à la désolation à cause d'un système économique qui repose largement sur la guerre. Le choc fût bien sur de voir Snake, désormais vieillissant et affichant une allure pathétique, marqué par la vie, bien loin de l'image du héros charismatique et sans faille que nous renvoyaient les deux premiers opus (et en quelque sorte le troisième). C'est dans ce contexte, crépusculaire et poignant pour les fans, qu'il va falloir faire face au dernier chapitre de la tétralogie, car oui, MGS4 marque la fin du scénario initié voilà 10 ans avec Metal gear Solid (les opus msx se suffisant à eux-mêmes).
Commençons par ce qui viens à l'esprit une fois le jeu pris en main. Déjà, c'est beau. Les mauvaises langues aurons beau critiquer les textures archaïques, j'y vois pour ma part de la mauvaise foi alors que ces mêmes personnes félicitent les graphismes grossiers d'un GTAIV, pourtant bien inférieurs (passé sur next gen, c'était le minimum que pouvais faire Rockstar, pas de quoi s'extasier donc). Le monde dans lequel on est plongé est immersif. Comme Kojima l'avait promis, c'est la guerre et il est donc bien plus difficile de se cacher aux yeux de l'ennemi ainsi que se frayer un chemin.
Une fois les cinématiques d'intro achevées, il est temps de prendre le vieil homme en main, et là, les premiers pas dans la peau de Snake sont assez déroutant. Laissant tomber le système old school des précédents épisodes (caméra fixe au dessus du personnage), le gameplay a radicalement changé et entre dans ce que certains testeurs appellent la modernité. Alors certes on peut déplacer la caméra autours de Snake, certes on peut tirer en caméra épaule, certes on peut se déplacer en vue à la première personne et certes on peut marcher accroupi, mais une question en tant que fan de la saga me vient en tête: Faut-il vraiment qu'un jeu entre dans la modernité pour qu'il soit bon ? Car si le jeu permet en effet plus de possibilité dans les mouvements, il est regrettable de voir qu'une telle uniformisation du gameplay fasse perdre de sa saveur au jeu qui ressemble de plus en plus à un Splinter cell (croisé avec Call of Duty 4 pour les phases FPS), et donc un peu à l'ensemble des jeux vidéo.
Un autre aspect touché par cette "évolution stylistique" est le design global du jeu. Que ça soit la manière dont les objets sont représentés sur la map (maintenant des objets réalistes et non plus de grosses icones flottant en l'air) ou bien l'apparence des barres de vie, des informations apparaissants (avec leur police de caractères orange) ou encore des menus, tout s'est orienté vers le réalisme et vers un design high tech beaucoup moins "old school" (mais attachant) et donne là encore l'impression d'être face à un jeu d'action quelconque de la fin des années 2000.
La saga MGS avait sa marque de fabrique, et ses habitudes old school lui donnaient de la personnalité, pas sûr donc que le choix d'entrer dans cette "modernité" ait été le plus judicieux, car de nos jour, un même gameplay pour la saga aurait toujours fait preuve d'originalité par rapport au reste de la production vidéoludique. Cela dit, il est très efficace et ne semble guère pâtir d'une quelconque faille majeure, si ce n'est peut-être le trop grand nombre d'actions pour les nouveaux venus et le sentiment que certaines actions sont moins instinctives pour les habitués (comme devoir appuyer sur triangle pour se coller à un mur).
Maintenant que l'on a fait le point sur la maniabilité, penchons nous sur ce qui fait l'aventure, à savoir le déroulement du jeu. Première surprise, cette fois pas de longue mission qui donne l'impression de vivre jusqu'à l'épuisement les péripéties du héros. Ici, le jeu est divisé en 5 actes, tous répartis à différents coins du globe. Si on gagne en variété des lieux qu'il est possible de visiter, on y perd en "expérience". Je ne parle pas d'expérience de gameplay, je parle ici des émotions ressentie au cours de l'aventure, ce qui nous fait entrer de plein pied dans l'univers et nous fait oublier tout le reste. Cette fragmentation en acte est donc à mon sens un pas de plus vers l'uniformisation du gameplay de la saga et oublie un peu ce qui a fait l'originalité des précédents opus. Par ailleurs, difficile de retrouver au cours de l'aventure l'ambiance des trois premiers MGS. Si les deux premiers actes trouvent leur originalité en nous plaçant dans un contexte de guerilla, le troisième acte se distingue par une longue mission de filature, le quatrième joue plus sur la nostalgie que sur ce qu'on y fait (soit pas grand chose), quand au cinquième, ce n'est qu'une vulgaire succession de phases d'action entrecoupées de cinématiques et de QTE. Un peu décevant donc, de voir l'orientation prise par le soft. Alors que les trois premiers opus nous donnaient à jouer dans un monde où il était nécessaire de faire de multiples allers-retours et de résoudre des énigmes (le troisième avait déjà amorcé une régression en la matière) cette fois le jeu est constitué de niveaux couloir, assez longs, dans lesquels on ne revient jamais sur nos pas et qui donnent l'impression d'une certain répétitivité (avancer, tuer, avancer, tuer...ou selon la tactique avancer, éviter, avancer...). Et si ce n'était que ça, mais c'est oublié la présence d'écran de chargements assez peu agréables comparés aux noms des zones des précédents opus. Autant d'éléments qui donnent la sensation d'un jeu imparfait et laisse un goût amer dans la gorge du joueur.
Pour ce qui est de la finition du jeu par contre, pas de quoi s'alarmer, Kojima a été fidèle à lui même. Si l'on peut tout de même critiquer le manque de discussions codec (car oui, il y a des fans qui appellent dix fois chaque personnages dans chaque zone du jeu et après avoir essayé chaque type d'action possible pour savoir ce que le gus a à dire sur le sujet) le joueur va trouver son compte dans le nombre d'interactions cachées, de scenarii possibles suivant la manière de jouer, de bonnes idées (la manière de battre Screaming Mantis) ou encore du nombre incroyable de babioles à débloquer (on notera que Kojima s'est fait plaisir avec pas moins de 70 armes disponibles). La durée de vie n'est pas en reste si l'on essaie en plus d'obtenir tous les rangs possibles suivant les statistiques obtenues en fin de partie et avec Metal gear online en bonus, il y a vraiment de quoi y passer des nuits blanches.
Autre élément essentiel de la saga, si ce n'est principal, le scénario et ses personnages. Et sur ce point, le jeu est décevant. Certes, il n'y a pas à remettre en question les personnages. Ceux-ci sont plus charismatiques que jamais. On sent que le passage sur next gen a eu un impact sur leur manière de se tenir, sur leurs expressions faciales et à ce niveau, on a presque l'impression d'avoir à faire à des êtres humains. Mais quel intérêt de faire revenir tous les persos des précédents opus, même les plus improbables et inutiles (la palme pour Mei Ling) si ce n'est pour faire plaisir aux fans ? Les boss quant à eux sont largement en dessous des opus précédents niveau intérêt et celà, à cause d'un design limité mais surtout d'un background inintéressant et donné de manière sporadique et répétitive (un coup de fil de Drebin après chaque victoire contre l'une d'elle). Les combats contre la Beauty & Beast unit se retrouve donc dénués d'enjeux et de tension. Bien dommage!
L'histoire est elle aussi assez décevante. Si elle reste de bonne qualité par rapports à l'ensemble de la production vidéoludique, en revanche, pour du Metal gear Solid, c'est convenu, prévisible, parfois invraisemblable, ça n'évite pas certains poncif (Big Mama quoi! ou le mariage de fin), certains passages auraient pu, auraient dû ne pas exister (la scène avec Big Boss) et on constate une abondance de liens de la part de Kojima alors que ceux ci n'étaient pas justifiés (Paramedic = dr. Clark... ouais mais ça change quoi ?). Il est d'autant plus dommage que tout ceci soit plaqué sur une mise en scène assez ridicule, singeant les blockbusters nanarisant si cher à Jerry Bruckheimer et Michael Bay... révise tes classiques Hideo, je t'en supplie.
L'aspect narratif du soft est donc à mon sens, le plus décevant du jeu, le scénario étant trop simpliste et l'épilogue décevant et ridicule pour la plupart.
Si l'on essaie de tirer un bilan à cet opus, c'est là que le jugement devient difficile. En tant que fan de la saga, et en comparaison des autres opus, ce final est décevant à plus d'un titre, mais en tant que jeu vidéo, et comparé aux autres titres next gen c'est un très bon jeu. Les limites entre les qualités et les défauts sont par ailleurs assez floues et ne relèvent au final que d'un jugement de goût pour la plupart d'entre eux: certains préfèrerons le gameplay de MGS4, d'autres le conspuerons, il est donc difficile de donner un avis objectif sur la question. Constatons juste que le jeu est une réussite vidéoludique mais qu'à cause d'un certain nombre de faiblesses irréfutables, ce n'est pas un dénouement à la hauteur des attentes.